Bio french
Lord Tracy : Voix – harmonica
Jacques Méhart-Baudot : Guitares
Julien Boisseau : Basse
Olivier Hurtu : Batterie


A l’heure où les Rival Sons et autres Temperance Movement réussissent peu à peu à réveiller les oreilles d’un public couvrant plusieurs générations d’amateurs de riffs gras, une sorte de « nouvelle vague Classic Rock » pousse sur le devant de la scène des clubs de jeunes formations telles que Blues Pills, Tyler Bryant & The Shakedown ou Simo. Il était temps…

Ce nouvel auditoire va maintenant pouvoir se pencher sur le cas de JESUS VOLT, un quatuor bien de chez nous, qui oeuvre depuis un peu plus de 15 ans et qui n’a pas attendu ce retour des guitares pour déployer l’étendard de ce que l’on pourrait aussi appeler le « New Rock Blues… » Une bannière sous laquelle se réunissent tous ces groupes dont les racines, ancrées dans le blues traditionnel, se greffent sans complexe à d’autres mouvances rock. Attendant patiemment et sereinement son heure, depuis la sortie (au début du siècle) d’un 1er album sympathiquement intitulé « Always Drunk, Never Sad », JESUS VOLT cultive avec classe ce goût pour l’éclectisme.
Non contents d’avoir mis en boîte 4 albums studios et un live, ces parisiens tournent beaucoup. En France bien sûr, mais aussi en Allemagne, au Benelux, en Pologne et même en Australie…

L’Australie… c’est là qu’en 2005 ils tapent dans l’oeil de Tony Cohen, producteur connu pour ses collaborations avec Nick Cave, Sacred Cowboys ou Michael Hutchence. Avec lui, JESUS VOLT enregistre « In Stereo » et franchit ainsi un nouveau cap. Après la sortie d’un live – où une beat box et des samples se mêlent aux guitares envoûtées et autres hurlements voodoo pour transcender les compos originales ainsi que des reprises de Muddy Watters et Curtis Sigers – c’est un autre bouffeur de kangourou qui va prendre en main le son du combo. L’homme s’appelle Mark Opitz. L’on trouve son nom dans les crédits d’albums tels que « Powerage » d’AC/DC, « Face to Face » de The Angels, « Circus Animal » de Cold Chiselou encore « Welcome to Wherever You Are » d’INXS… En 2013, « Vaya Con Dildo », le 4ème opus de JESUS VOLT, vient s’ajouter à cette longue et magnifique liste des disques produits par cet orfèvre du son brut mais toujours juste. Gardant constamment les doigts dans la prise, JESUS VOLT repart sur les routes pendant presque deux ans au cours desquels ils assurent, entre autre, la 1ère partie des barbus de ZZ Top sur les dates françaises du « No Futura Tour » et croisent le chemin de Joe Bonamassa en Pologne ou Johnny Winter en Allemagne. Pendant cette période, entre deux concerts, le groupe compose de nouveaux titres. Tout simplement baptisé « Jesus Volt », comme s’il marquait un nouveau départ, ce 5ème album a été enregistré, comme son prédécesseur, par Mark Opitz et l’ingénieur duson Peter Deimel (The Kills, Hushpuppies, Deportivo, Deus) au studio BlackBox, à Angers, une sorte de caverne d’Ali Baba regorgeant de matos vintage. Beaux, parfois aériens puis tendus, toujours intenses, les morceaux révèlent un groupe qui sait varier les plaisirs.
Bien entendu « Bullseye », le bien nommé « Party » ou le très classieux « Baby We’re On » captent immédiatement l’attention de l’amateur de swing nonchalant, alors que les relents funk de « Blood On The Dancefloor » deviennent rapidement entêtants. Les guitares sont calibrées, ciblées, le duo basse/batterie groove sans limite, alors que les touches de claviers et d’harmonica sont juste assez présentes et apportent une
cohérence encore plus séduisante. C’est sur ce bel ensemble que le chant de Lord Tracy règne en maître, tantôt hargneux, souvent punchy, l’homme arrive même à être presque mélancolique sur « Sons of Rome ».
Dans un genre plus direct, « Money Man » et « Burn with me » se chargent de déblayer le terrain pour un « 666 Devil Woman » qui, avec son refrain imparable et son solo cinglant, n’est pas loin d’être le sommet de cette galette décidément chargée de (bonnes) surprises.
Alors c’est sûr Xavier, Jacques, Julien et Olivier ne s’appellent pas Dusty, Billy, Jimmy ou Kenny, et ils sont basés à Paris, France et non pas Texas, pourtant à l’écoute de pièces bluesy à souhait telles « I’m a Jerk » ou « The Chant », on ne peut s’empêcher de penser que ces quatre-là auraient très bien pu naître quelque part dans le Deep South avant de se donner rendez-vous à Crossroads… mais peu importe puisqu’au final ils ont été baptisés par le même flux électrique qui unit les apôtres du gros son.
En 2018 Jesus Volt célèbre 20 ans de scène.

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